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Du marketing de la provenance à l’humanisation des marques : l’exemple de la success story Clan Campbell

Clan Campbell, c’est l’histoire d’un Blended Scotch Whisky distillé et vieilli dans les Highlands, en Écosse. Propriété du groupe Pernod Ricard, il s’agit aujourd’hui de la marque de whisky la plus vendue en France (source : LSA).  Mais, Clan Campbell, c’est surtout un univers fort et rugueux, qui se veut à l’image des terres où est élaboré le whisky. Depuis plus de quinze ans, la marque n’a de cesse de mettre en valeur ses origines (lire notre note ici), notamment au travers de sagas publicitaires évoquant, dans une ambiance sombre et mystique, les terres du Clan Campbell.

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Saga « Vous êtes sur les terres du Clan Campbell » – 1998

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Saga « Vous entrez sur les terres du Clan Campbell » – 2000

Manœuvre habile, qui permet non seulement de respecter les dispositions de la Loi Evin, mais aussi de créer un imaginaire de marque distinctif et désirable. D’autant plus que depuis dix ans, le marketing de la provenance a le vent en poupe… Traçabilité, transparence, « made in », autant de mécanismes qui participent de la réassurance du consommateur quant à la fiabilité et la crédibilité des produits, et contribuent à ancrer ces derniers dans un univers synonyme d’authenticité.

Mais voilà, dans Clan Campbell il y a… « clan » ! Car oui, lorsque l’on achète le whisky des Campbell, on entre dans le clan. Un beau moyen pour la marque de stimuler le sentiment d’exclusivité (toute relative au vu des chiffres de ventes…) et d’appartenance du consommateur, en l’invitant à pénétrer dans un cercle d’initiés. Quoi de plus naturel, dès lors, que le développement du potentiel d’humanisation de la marque, permise au premier chef par son nom ?

C’est tout l’objet de la nouvelle campagne, lancée en novembre 2013 et baptisée « Ici, pour le clan, le Clan Campbell ». Ce sont donc les hommes, le clan, que ces trois dyptiques, en noir et blanc (eh bien oui, le noir et blanc mais aussi le sépia ont tendance à connoter l’authenticité…) mettent à l’honneur. Ou, plus précisément, le savoir-faire avec lequel les hommes du clan tirent profit des « ingrédients », nécessaires à la fabrication du whisky, qui leur sont offerts par les terres écossaises.

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Saga « Ici, pour le clan, le Clan Campbell » – 2013

Une belle réussite, d’autant que cette campagne inscrit la marque dans un processus d’humanisation et d’enracinement, grâce à la représentation des hommes à l’origine de la fabrication du whisky (dont on peut inférer, en vertu de la Loi Evin, qu’ils sont objectivement rattachés à la marque, i.e. a minima collaborateurs Clan Campbell). Une stratégie payante en termes de crédibilisation du produit et de mise en valeur de la qualité de ses ingrédients, qui pourrait presque faire oublier que Clan Campbell est avant tout commercialisé en GMS et dans les boîtes de nuit. Un whisky loin d’être destiné aux seuls connoisseurs donc…

La nature au service de la culture, la complémentarité de la terre et du savoir-faire… une idée qui n’est pas née de la dernière pluie mais dont l’essence est, au final, traduite avec brio, dans une saga publicitaire autant esthétique que riche de sens.

-Laëtitia

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James Bond : le nouvel homme fort de Heineken

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Nous avons déjà eu l’occasion de traiter sur ce blog la question du « placement produits » dans les stratégies de communication des marques d’alcool, de champagne et spiritueux en particulier (revoir Rémy Martin V avec Kelly Rowland ou Moët & Chandon aux Golden Globes).

Les placements produits dans les séries ou les films, en particulier les gros blockbusters sont l’enjeu d’intenses tractations, et bien sûr un excellent moyen -en France- de cohabiter avec les contraintes de la Loi Evin.

S’il est un personnage cinématographique ‘alcoocompatible’, plus délicat mais tout aussi assidu et séducteur que Don Draper dans Mad Men, c’est bien l’iconique James Bond, amateur d’excellent champagne et de martinis bien dosés, incarnant l’élégance, le style et le bon goût. C’est donc sans surprise que la sortie en fin d’année 2012 du nouvel opus SKYFALL attise les convoitises des marques d’alcool.

Et dans ce jeu de la séduction, il semble que la marque Heineken, bien connue pour sa créativité publicitaire (voir notre note The Cannes Lions Festival : créativité publicitaire dans les spiritueux et les bières) entend optimiser au maximum un investissement qui s’annonce sans précédent, toujours en soutien de sa plateforme d’activation « Open Your World ». Comme le rapporte Marketing Week, la campagne aka « The biggest activation of 007 ever » – dans laquelle Daniel Craig semble cette fois appelé à jouer un rôle- sera globale, relayée dans plus de 170 pays et multi-canale, avec un effort très significatif porté sur le digital et les réseaux sociaux.

A ce titre, il est intéressant de noter que la marque déclare vouloir faire rentrer James Bond dans leur plateforme et la promesse ‘Man of the World’ plutôt que d’injecter du Heineken dans 007, considérant que le personnage est parfaitement en phase avec leur motto.

Gageons que le film et la campagne proposés seront à l’image de la saga ‘The Entrance’ (lire note Heineken revient en force avec une nouvelle campagne publicitaire) plutôt que de ce dernier opus un peu fade pour Casino Royale avec Eva Green mais sans Daniel Craig :

Connexe à cette stratégie de placement produits, le développement des égéries publicitaires, souvent acteur et actrices. Sur ce thème, je vous engage à relire ces notes toujours actuelles sur la démarche :

Luxe et égéries : l’art de créer la légende

Les marques et leurs égéries : incarnation, impact et mémorisation

Création publicitaire, différenciation et attribution : Martini et George Clooney

Cointreau et Dita von Teese : deux années de strip tease

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Elle a pris une cuite, la dinde.

J’ai déjà parlé des initiatives du gouvernement québécois en matière de prévention vis-à-vis de la consommation d’alcool, qui cherche à éduquer le consommateur avant de le réprimer -lire ma note « La loi Evin à l’heure de l’internet… et du réalisme ?« .

Philippe-Alexandre nous a rapporté de ses vacances au Québec ces deux cartes postale humoristiques éditées par le même programme Educ’alcool : deux illustration de la manière de consommer de l’alcool en temps de fête, le tout rendu de façon humoristique et non moralisatrice. Dixit Educ’alcool, « c’est ce qui fait le succès de ces campagnes : faire rire et en même temps réfléchir ». Plutôt efficace, non ?

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