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Les résultats du baromètre SOWINE/SSI 2016 – 7ème édition

La première étude sur l’influence des technologies numériques sur les consommateurs français de vin

Les résultats du baromètre SOWINE/SSI 2016

Quels rapports les Français entretiennent-ils avec le vin ? Quels liens unissent le monde du vin et celui des technologies numériques ? Quels sont les comportements d’achat de vin en France ? Quelle place occupent les outils digitaux et sociaux dans l’acte d’achat ? Comment les contenus web orientent-ils la consommation de vin ? Quels sont les enjeux pour le vin et pour le numérique ? La 7e édition du Baromètre SOWINE/SSI lève le voile sur des comportements toujours très concernés et de plus en plus connectés.

 

LE RAPPORT DES FRANÇAIS AU VIN

Un véritable intérêt pour des Français majoritairement néophytes

S’ils sont encore nombreux (55%) à s’avouer néophytes en matière de vin et de champagne, 70% des Français témoignent d’un véritable intérêt pour cet univers. Pour 69% d’entre eux, il est nécessaire de connaître le vin pour mieux l’apprécier, et pour 73%, il est important de se renseigner avant d’acheter du vin.

Curieux et désireux d’approfondir leurs connaissances pour mieux apprécier le vin, les Français s’informent d’abord auprès de leur entourage (52%) -notamment via les réseaux sociaux- avant d’effectuer un achat. L’entourage supplante les professionnels (choisis à 42%) dans la recommandation d’un vin.

Consommation de boissons alcoolisées : le vin en tête

À la question « quel type de boissons alcoolisées préférez-vous consommer ? », 61% des Français répondent privilégier le vin. Viennent ensuite la bière (44%), les cocktails (38%), les vins effervescents (33%), puis les spiritueux seuls (22%). En termes de catégories, les CSP+ consomment davantage de vins tranquilles que la moyenne (75%). Parmi les jeunes, les 18-25 ans déclarent consommer davantage de cocktails (51%) que de bière (45%) ou de vin (39%), alors que les 26-35 ans dégustent plus de vin (58%) que d’autres boissons alcoolisées.

 

L’INFLUENCE DES TECHNOLOGIES DIGITALES

Les réseaux sociaux

Le vin est une boisson sociale par excellence : 25% des Français partagent leurs dégustations de vin sur les réseaux sociaux ; une proportion encore plus importante parmi les 18-25 ans (38%). Outre ces partages d’expériences, on note que 41% des Français ont déjà consulté un réseau social dédié au vin et 20% consultent des pages liées à cette thématique sur les réseaux sociaux généralistes. Des consultations qui préparent dans certains cas un achat, puisque 21% ont déjà acheté un vin recommandé sur les réseaux sociaux (30% chez les 18-25 ans).

Les blogs

Les lecteurs de blogs sont 19% à consulter régulièrement des blogs spécialement dédiés au vin : comme sur les réseaux sociaux, c’est la gastronomie qui attire le plus les lecteurs (41%). Parmi les lecteurs de blogs dédiés au vin, 85% accordent une très grande importance aux conseils qu’ils y trouvent : un intérêt qui se traduit pour 30% d’entre eux par la transformation en acte d’achat de vins qui y sont recommandés.

Et les applications ?

En 2016, 33% des Français possèdent au moins une application dédiée au vin sur leur smartphone ou tablette. Une proportion largement supérieure parmi les grands acheteurs (66%) et chez les jeunes (51%). 30% des achats de vin en ligne ont été réalisés via smartphone ou tablette, un chiffre légèrement en hausse par rapport à l’an dernier (28%).

 

LES COMPORTEMENTS D’ACHAT DE VIN

Consommer le vin : chez soi ou hors domicile

Les Français préfèrent consommer du vin dans la sphère privée, chez eux ou en famille (87%), puis de manière équivalente chez des amis ou au restaurant (46%). Parmi ceux qui consomment du vin au restaurant, la majorité le commandent à la bouteille (41%) : un choix qui a la préférence des Français devant la consommation de vin au verre -qui progresse cependant de 5 points cette année, à 24%- et en carafe (18%).

L’achat de vin

La grande distribution reste en 2016 le circuit privilégié des Français pour l’achat de vin (78%), suivie par les cavistes (47%) et l’achat direct auprès du producteur (29%). Toujours à la question « À quel endroit achetez-vous le plus souvent du vin ? », Internet arrive en 4ème position avec 13%.

Et l’achat sur Internet ?

Néanmoins, les Français sont de plus en plus nombreux à avoir franchi, au moins une fois, le cap de l’achat de vin en ligne : 34% en 2016 contre 30% en 2015. Si pour 53% l’achat de vin sur Internet n’a lieu que quelques fois par an, les grands acheteurs sont 37% à s’approvisionner en ligne au moins une fois par semaine. En tête des freins à l’achat en ligne : la peur de la casse (17%) et le montant des frais de port (14%). À noter que 27% des Français n’ont jamais acheté de vin en ligne car… ils n’y ont tout simplement jamais pensé !

Où les Français achètent-ils leur vin en ligne ?

Au premier rang des e-commerçants de vin, on retrouve les sites de producteurs, préférés par 50% des acheteurs de vin en ligne, suivis par les sites de ventes privées (36%), les cavistes en ligne (32%), les sites de la grande distribution (30%), et enfin les box vin et les sites d’enchères choisis chacun par 17% des acheteurs.

 

2016… ET APRÈS : LES ENJEUX POUR L’AVENIR

 

ENJEU N°1 : L’IMPORTANCE DE LA PRESCRIPTION

Internet est aujourd’hui une source d’information naturelle et incontournable pour se renseigner sur le vin : les Français privilégient les sources numériques, mais ils n’abandonnent pas pour autant les supports d’information classiques, à condition qu’ils soient qualitatifs et crédibles. Le consommateur de vin se considère toujours majoritairement comme néophyte, il multiplie ses sources d’information sur le vin et fait confiance à plus d’un type de prescripteurs. Les médias sociaux ont une véritable importance dans le processus de décision d’achat de vin : les Français suivent avec force les recommandations d’autrui, à condition qu’elles viennent de tiers de confiance, lui donnent envie et satisfassent sa curiosité.

 

ENJEU N°2 : LE POTENTIEL DE LA VENTE EN LIGNE

Si les Français sont de plus en plus nombreux à avoir franchi le cap de l’achat en ligne, ils restent 66% à conquérir. Le potentiel est donc réel pour l’ensemble des acteurs de la vente en ligne avec un effort particulier à porter sur le choix, le prix et la qualité et sur la notoriété de ces offres. Le développement de sites collaboratifs et l’apparition de nouveaux modèles marchands (plateformes de marché, crowdfunding) viennent dynamiser l’offre et rapprocher le consommateur du vigneron.

 

ENJEU N°3 : LA MOBILITÉ ET LE M-COMMERCE

L’adoption désormais massive des smartphones et leur usage au quotidien, assortie du développement de nouveaux paradigmes de diffusion des contenus et du déploiement de nouvelles plateformes de paiement, concourent à favoriser l’achat via mobile (m-commerce) qui va de plus en plus s’imposer. Le smartphone se positionne à la confluence des tendances puisqu’il permet l’accès permanent à Internet, en toute situation (aide à la dégustation, désambiguïsation de l’acte d’achat, partage de moments de consommation), donc à l’information produits / marque / prix. Le mobinaute a également un accès continu aux réseaux sociaux pour partager de l’information. Dans ce contexte, des services innovants et des applications dédiées aux vins et spiritueux apparaissent pour surfer sur ces nouveaux comportements avec des modèles économiques proposant de nouveaux formats transactionnels.

 

Le Baromètre SOWINE/SSI est la première étude consacrée au rapport des Français avec le vin, aux sources d’information, à l’influence d’Internet et des outils digitaux sur le comportement des consommateurs en France. Publié pour la première fois en 2010, le Baromètre SOWINE/SSI en est à sa 7e édition. Cette enquête indépendante a été réalisée par Survey Sampling International en juillet 2016 sur un échantillon de 1112 personnes représentatif de la population française, âgées entre 18 et 65 ans. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas, sur la base des critères du sexe et de l’âge, par questionnaire auto-administré en ligne.

 

SURVEY SAMPLING INTERNATIONAL (SSI) est le premier fournisseur mondial de solutions d’échantillonnage à destination des professionnels du marketing. Dans plus de 50 pays dans le monde, SSI leur donne accès à plus millions de répondants via Internet, téléphone et mobile, en B2C ou en B2B, pour leurs besoins d’études. www.surveysampling.com

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Monoprix, le choix des vins

S’il fallait n’en choisir qu’un, c’est celui-là : il ne reste plus que quelques jours pour profiter de l’imbattable choix de l’enseigne Monoprix en matière de foire aux vins. Cette année, le « caviste en ville » a sélectionné près de 300 vins avec, comme toujours, un rapport qualité prix imbattable. Si l’esprit et la démarche qualité sont toujours au rendez-vous, la sélection évolue d’année en année. Cette année, ce sont les vins étrangers qui emportent nos faveurs : si vous aimez les vins chiliens (Leyda), les allemands (délicieux riesling HausKlosterberg de Markus Molitor (Moselle), les italiens (le Chianti classico Fattoria di Cinciano) ou encore les australiens (Penfolds est un incontournable), alors vous serez servis. Et comme à chaque édition, Monoprix propose de profiter de l’offre « 3 bouteilles pour le prox de 2″ jusqu’à la fin de l’opération. En résumé : foncez !

Foire aux Vins Monoprix / jusqu’au 25 septembre 2016

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Classement mondial des marques d’alcool : The Power 100 – Edition 2015 (The World’s Most Powerful Spirits & Wine Brands)

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Pour la 10ème année consécutive, le classement mondial des marques d’alcool « The Power 100 » propose un classement des marques de vins et spiritueux les plus puissantes du monde. Mené par un panel de 8 experts, il passe en revue plus de 10 000 marques afin de dévoiler les 100 qui trustent les premières places.

De nombreux éléments sont pris en compte pour ce faire : part de marché, croissance de la marque, positionnement prix, portée de la marque, mais aussi d’autres éléments moins tangibles tels que la notoriété, la pertinence, l’héritage et la perception de la marque.

Comme presque chaque année –voir ici les classements 2014, 2012, 2011 et 2010), le Top 10 réserve peu de surprises et demeure presque inchangé. La nouveauté de cette édition, après dix années à classer les marques, c’est la nomination par les experts de la success story de la décennie. Une belle manière de mettre en lumière les évolutions subies par le secteur des vins et spiritueux en dix ans d’existence du Power 100.

Power 100

#1/ Johnnie Walker : Johnnie Walker reste premier du classement pour la 3ème année. La célèbre marque de Scotch a vécu une année difficile, voyant ses ventes chuter de manière significative. C’est notamment la fibre innovatrice qui a permis à la marque de préserver son sésame : le Johnnie Walker’s Gold Label Reserve Exclusive Traveller’s Edition a prouvé que l’uber-premium était encore compatible avec le marché des spiritueux. Une preuve de la capacité de la marque à savoir rester en haut même quand les temps sont difficiles.

#2/ Smirnoff : le groupe Diageo signe un doublé pour la quatrième année de suite en plaçant ses deux marques sur les plus hautes marches du podium. En un an, Smirnoff a conforté son emprise sur le marché de la vodka, notamment grâce à ses deux nouvelles variantes : l’Espresso vodka et l’Apple Bite. Une domination remarquable tant le marché de la vodka est saturé.

#3/ Bacardi : le rhum a le vent en poupe, et Bacardi en profite, confirmant son succès en s’accrochant pour la 4ème fois à la troisième marche du podium. Un grand changement à noter dans l’année pour Bacardi : le remaniement du logo qui marque un retour aux sources, plus épuré et retro. La marque creuse ainsi un peu plus son écart sur son premier poursuivant.

#4/ Jack Daniel’s : avec le lancement de Jack Daniel’s Honey, sa variante au goût de miel, la marque est parvenue à maintenir un rythme de croissance des ventes très élevé, confirmant une fois encore sa place bien ancrée dans ce Top 10. Côté notoriété et part de marché, les voyants sont au vert, et Jack Daniel’s a de beaux jours devant lui.

#5/ Hennessy : Hennessy A assez bien survécu à une année 2014 très rude pour le Cognac, frappé de plein fouet par la distance prise par le marché Chinois à leur égard. Si les ventes en volume ont souffert, Hennessy a saisi l’occasion de son 250ème anniversaire pour accroître encore plus son image de marque –lire notre note à ce sujet ici- : une stratégie efficace qui justifie le gain continu de notoriété de la marque.

#6/ Captain Morgan : la petite surprise du Top 10, c’est celle-ci. Captain Morgan gagne deux places et se rapproche dangereusement du Top 5. Bien aidé par des campagnes publicitaires toujours aussi pertinentes et soutenues, la marque gagne chaque année en notoriété et en image.

#7/ Absolut : la vodka iconique du groupe Pernod-Ricard ne manque pas à l’appel et stabilise sa 7ème place grâce notamment à une forte notoriété et à un héritage puissant. La récente campagne de communication intégrant des technologies créatives et engageantes pour les consommateurs s’est vue récompensée par des progrès auprès de la cible et une croissance soutenue. Absolut communique judicieusement auprès des jeunes consommateurs, notamment en s’associant avec de jeunes talents musicaux : un message qui très bien accueilli par la cible jeune.

#8/ Martini Vermouth : Martini Vermouth continue de descendre dans le classement. 4ème il y a deux ans, 6ème l’an passé, le célèbre apéritif perd encore deux places. Néanmoins, pas d’inquiétude à se faire tant la marque continue de dominer la catégorie des apéritifs légers et préserve une très forte notoriété, notamment grâce à sa grande utilisation dans les cocktails à base de vodka et de gin, très populaires aux Etats-Unis et en Europe.

#9/ Chivas Regal : comme toutes les marques de whisky, Chivas Regal a souffert du déclin du marché chinois amorcé l’année dernière. Toutefois, la marque de Pernod-Ricard a vu son nouveau produit, le Chivas Regal Mizunara, percer sur le marché japonais. La marque prouve ainsi être capable, grâce au lancement de produit très ciblés, d’animer ou de réanimer certains marchés lorsque d’autres subissent des secousses irrémédiables.

#10/ Jägermeister : après 9 années d’une croissance soutenue et continue, Jägermeister intègre enfin le Top 10 au grand dam de Ballantine’s qui s’en voit éjecté. Si les ventes en volume ont quelque peu chuté aux USA, la croissance en Europe maintient la marque sur la voie du succès. 2014 a été l’année de sa première campagne télévisée et a marqué le lancement de sa première variante, le Jägermeister Spice. Deux événements importants pour la marque, qui ont très largement contribué à l’immense gain de notoriété qu’a connu la célèbre liqueur aux herbes.

C’est d’ailleurs Jägermeister que le panel d’expert a choisi de nommer success story de la décennie, pour récompenser les efforts mis en œuvre et la fantastique croissance connue par la marque ces dix dernières années. Une croissance loin d’être terminée.

Cette année les marques en plus forte progression sont les suivantes : Kendall Jackson (+17), Lindeman’s (+13), Southern Comfort (+13), Black Box Wines (+12), Paul Masson Grande Amber Brandy (+12).

Au classement des marques de vin les plus puissantes, Concha y Toro poursuit son ascension et grimpe encore de 3 places (18ème), tandis que Barefoot Wine (E.&J. Gallo Winery, 23ème) fait une remontée fulgurante et repousse sa sœur Gallo (28ème) sur la troisième marche du podium vins. Robert Mondavi se voit éjecté de ce podium mais reste 30ème dans le classement toutes catégories confondues.

Côté champagne, on ne note aucun changement, chacun conforte sa place et la hiérarchie reste la même. Avec en tête de file Moët & Chandon (19ème) toujours pas inquiété par Veuve Clicquot (32ème), tandis que Dom Pérignon stabilise sa formidable remontée de l’an passé (69ème). Un podium 100% LVMH donc, rien d’étonnant… Vient ensuite le fleuron du groupe Pernod-Ricard, Mumm à la 89ème place qui creuse un peu son écart sur Nicolas Feuillatte (97ème). C’est Taittinger, enfin,  qui vient clore le classement avec une 100ème place pour la deuxième année consécutive.

Le rituel est immuable, la nation la plus représentée dans ce classement – au regard des origines historiques –, c’est l’Ecosse. Il semble qu’il fasse toujours bon d’élaborer du whisky pour percer dans le secteur des vins et spiritueux.

Du côté du classement des groupes détenant plusieurs marques, Diageo reste l’indélogeable et incontesté leader malgré une légère baisse de régime alors que son dauphin le français Pernod-Ricard a vécu une année sous le signe de la croissance et vient lui grappiller quelques points. Bacardi Martini suit à distance. La seule surprise – qui n’en est pas une puisque nous l’annoncions déjà l’année dernière – est le ravissement par Beam Suntory, nouveau né issu de la fusion du japonais Suntory et du groupe Beam Inc, de la 4ème place à LVMH.

Que retenir de ces dix dernières années ? La mondialisation a joué un rôle très important dans le développement international de certaines marques régionales. Grey Goose et Jägermeister en sont les exemples les plus marquants. Ces dix dernières années ont aussi vu l’apparition de super groupes, issus de fusions. Ainsi Pernod-Ricard est-il devenu un groupe surpuissant disposant d’une immense force de frappe avec dans son porte-feuille des marques couvrant toutes les catégories de vins et spiritueux. Sans oublier Beam Suntory, promis à un bel avenir. Enfin, la crise de 2008 a frappé le secteur aussi fort que l’économie du monde et de nombreuses marques en ont pâti, mais nombreuses sont celles qui sont parvenues à s’en sortir grâce à l’innovation et au report sur d’autres marchés. Le secteur des vins et spiritueux prouve être une référence en matière d’innovation tant les marques n’ont de cesse d’user de leur créativité pour se développer et poursuivre leur croissance. Pourvu que cela dure !

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Trop de salons… tue les salons ?

VINEXPO

Vinexpo, ProWein, London Wine Fair, VinitalyVinisud … Ne serait-ce qu’en France et dans les pays limitrophes, les salons internationaux réservés aux professionnels du vin ne manquent pas, et de petits nouveaux pointent encore le bout de leur nez –ainsi Vinipro, lancé en 2014. Alors que Vinexpo ouvre ses portes ce dimanche, nous nous sommes posé la question de savoir si la surabondance des salons ne nuisait pas à leur succès.

Parmi la pléthore de ces rendez-vous qui réunissent les opérateurs et décideurs mondiaux du secteur des vins et spiritueux, les deux plus connus –parce que les plus fréquentés- sont Vinexpo, qui se tient depuis 1981 toutes les années impaires -en juin- à Bordeaux, et ProWein, qui se tient tous les ans -en mars- à Düsseldorf en Allemagne.

ProWein, qui a lieu plus tôt dans l’année et reçoit davantage d’exposants, mise sur l’efficacité. C’est sur ProWein que l’on vient faire du business, signer des commandes, négocier des contrats. Le salon dure 3 jours, contre 5 pour Vinexpo.

Vinexpo, qui a lieu mi-juin et joue sur son occurrence bisannuelle, se veut un événement un peu plus « exceptionnel » : si l’objectif demeure de créer des opportunités d’affaires entre les opérateurs, le cadre prestigieux de la région bordelaise offre aux acteurs qui en ont les moyens un écrin plus « glamour » qui leur permet de travailler leur notoriété et leur image, en particulier par le biais des « off », ces dîners et soirées organisés au sein des châteaux (prime aux Bordelais).

Rendez-vous incontournables, véritables grand-messes internationales du vin, ces deux événements semblent dominer le marché des salons en Europe. Même si d’autres ont trouvé leur place et les moyens de se développer sur des créneaux plus ciblés : il incombe à tout nouveau salon d’innover pour s’imposer.

In en est ainsi de Vinisud qui jouit d’un réel succès et d’une belle réputation depuis une vingtaine d’années. Le salon s’est affirmé comme la vitrine des vins de la Méditerranée… avec d’autres régions représentées, en particulier pour la prochaine édition (février 2016), qui s’ouvre aux vins de Bordeaux et de Californie. Vinitaly, plus gros salon en termes de visitorat, repose avant tout sur les vins italiens. Une stratégie locale (produit ou marché) payante : la London International Wine Fair, dont les chiffres d’affluence et le nombre d’exposants avaient chuté ces dernières années, a su pour l’édition 2015 se renouveler : changement de lieu et concentration sur le marché anglais, deuxième marché d’importation de vin en Europe, ont permis au salon de retrouver les bonnes grâces des exposants et visiteurs. Une stratégie locale également embrassée en France par les salons régionaux, dont le plus connu est sans doute le Salon des Vins de Loire. Sans parler des salons parisiens, Salon de la RVF en tête, talonné depuis peu par le Wine Lab, le 2e salon de Bettane&Desseauve, petit frère du remarquable et remarqué Grand Tasting (celui-ci est ouvert au public).

Trop de salons tueraient-ils les salons ? La concurrence est rude : difficile de trouver les bonnes dates -il est ainsi souvent reproché à Vinexpo d’arriver tard dans l’année au regard de Prowein ; preuve en est aussi la concurrence d’agendas qui a vu enchaînement des salons Wine Lab et salon de la RVF la même semaine à Paris cette année. Difficile de trouver un positionnement accrocheur et qui attire à la fois exposants et visiteurs : à voir si le salon Bordeaux-Vinipro, lancé en 2014 et qui met l’accent sur les vins de Bordeaux et du Sud-Ouest qui n’ont pas forcément les moyens de sortir du lot sur Vinexpo, en s’appuyant sur un concept destiné à attirer la nouvelle génération de professionnels du secteur par une tonalité décalée, tiendra ses promesses dans les années à venir. Difficile –voire impossible- aussi pour les exposants comme pour les visiteurs de trouver les budgets, le temps et les équipes pour répondre à toutes les sollicitations.

Ce n’est pas d’avoir trop de salons qui tue les salons, mais probablement d’avoir des salons qui, pour fonctionner, doivent concilier taille critique nécessaire économiquement, et positionnement clair : les exposants comme les visiteurs, et en particulier les importateurs, cherchant aujourd’hui surtout la spécificité, la nouveauté, et l’efficacité.

Le salon Vinexpo tiendra-t-il ses promesses cette année ? Le travail entrepris depuis deux ans par la nouvelle direction, les réponses et les solutions apportées aux questions et reproches formulés, l’excellente stratégie de communication mise en place depuis plusieurs mois, ainsi que les nouveautés proposées cette année semble augurer d’une très belle édition 2015.

Rendez-vous à partir de dimanche pour le constater !

VINISUD 2015

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En 2015, Château Roc de Calon vous invite à… inviter !

Lundi 9 mars 2015, Château Roc de Calon lance la première édition ouverte au public de ses Rendez-Vous parisiens : un dîner en petit comité, où chaque convive est invité à… inviter la personne de son choix. Une date, un lieu de rendez-vous, pour un dîner limité à 14 personnes, qui se retrouvent pour un cours de cuisine puis un repas partagé : les Rendez-Vous Roc de Calon sont une occasion originale de se retrouver le temps d’une soirée, de rencontrer d’autres amateurs de vin, et de profiter d’un moment convivial aux côtés de la famille Laydis, propriétaire du Château.

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Inviter la personne de son choix
Pour la première fois, Château Roc de Calon propose aux amateurs de vin, de cuisine et de convivialité à se rencontrer, le temps d’une soirée, pour un moment ludique, pour un moment unique, pour un moment gastronomique. Les Rendez-Vous Roc de Calon sont une façon originale de découvrir les vins : ouverts au public, sur réservation uniquement, et proposés au prix de 140 euros pour 2 personnes, ils sont l’occasion pour les amateurs de faire plaisir à la personne de leur choix : sous l’œil avisé du chef résident, les convives préparent un menu sur mesure, qu’ils dégustent ensuite tous ensemble, accompagnés des vins de Château Roc de Calon.

Trois Rendez-Vous par an
Lancés à l’automne 2014 avec un premier dîner test qui s’est joué à guichets fermés, « Les Rendez-vous de Roc de Calon » ont déjà trouvé leur public. La première édition 2015 aura lieu le 9 mars, la suivante le 22 juin : en y participant, et en invitant ainsi la personne de leur choix, les convives s’autorisent un moment hors du temps, en toute simplicité. Un moment de partage avec celui ou celle qu’ils connaissent si bien, et avec d’autres personnes qui, comme elles, aiment la convivialité et les souvenirs partagés. Le vin ne possède-t-il pas la puissance de créer d’heureux souvenirs chez ceux qui le partagent ?

Une famille atypique
Dans la famille Laydis, le vin se vit comme une passion. Chacun mène sa vie professionnelle de son côté, pourtant tous sont liés par la meilleure des raisons de se retrouver : le vin, la vigne et l’amour du domaine familial, situé au cœur de Montagne Saint-Emilion. Pour Bernard et Sylvie les parents, Thomas et Marie leurs enfants, le vin est une histoire de partage : il sait rapprocher des personnalités différentes en scellant un attachement solide autour de moments forts. Aujourd’hui, avec « Les Rendez-vous Roc de Calon », la famille Laydis ouvre sa table à tous ceux qui, comme eux, savent que le vin crée du lien et de la convivialité.

« Les Rendez-vous Roc de Calon »
Offrez-vous un dîner, Roc de Calon invite la personne avec qui vous souhaitez le partager.
Prochain rendez-vous le lundi 9 mars 2015 de 19h à 23h
Sur inscription uniquement
Dîner à 140 euros par personne invitante, comprenant : le cours de cuisine en compagnie du chef, le dîner (entrée, plat, dessert), la dégustation des vins, et le dîner pour votre invité(e)
Limité à 14 personnes par soirée
En plein cœur de Paris, dans un lieu chaleureux et dédié, dévoilé lors de la réservation
Réservations via www.weezevent.com/les-rendez-vous-roc-de-calon
Conciergerie : 06 87 26 90 91

Retrouvez toute l’actualité de Roc de Calon sur www.rocdecalon.com
Facebook www.facebook.com/chateaurocdecalon
et Twitter @rocdecalon

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Les Foires aux Vins, c’est presque fini : je file chez Monoprix !

Monoprix logo 2013

Il ne vous reste que quelques jours pour faire de bonnes affaires avec les Foires aux Vins : ce rendez-vous annuel se termine cette semaine dans la plupart des enseignes. Chez Monoprix, ce sont plus de 200 références qui ont été proposées cette année, des cuvées « fières de revendiquer une typicité de goûts venue de leurs sols d’origine ».

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Classement mondial des marques d’alcool : The Power 100 – Edition 2014 (The World’s Most Powerful Spirits & Wine Brands)

Power 100

Chaque année, le Power 100, étude menée par un panel de 9 experts et couvrant près de 10 000 marques différentes, propose un classement des marques d’alcool les plus puissantes.

Pour ce faire, l’étude tient compte de plusieurs éléments comme la part de marché, la croissance de la marque, son positionnement prix, la portée de la marque. Mais aussi la notoriété, la pertinence, l’héritage et la perception de la marque.

Une fois n’est pas coutume, le Top 10 reste quasi-inchangé (seul Jack Daniel’s gagne 2 places, au détriment de Martini Vermouth) et met à l’honneur les whiskies, les rhums et les vodkas.

#1/ Johnnie Walker : le célèbre Blended Scotch, fleuron du groupe Diageo, confirme sa suprématie et conforte un peu plus sa première place pour la deuxième année consécutive, grâce notamment à une croissance de 7% en volume. Il en profite pour creuser l’écart avec Smirnoff son plus proche concurrent au classement.

#2/ Smirnoff : Diageo signe donc un nouveau doublé avec Smirnoff, en trustant les deux premières places du podium. Alors que la plupart des marques ont réduit leurs prix pour préserver des volumes satisfaisants, la marque de vodka premium a enregistré une hausse nette des ventes en valeur de 3%. Smirnoff a bien géré l’enjeu des nouveaux marchés, et particulièrement celui des vodkas aromatisées, pour toucher de nouvelles cibles.

#3/ Bacardi : en se maintenant à la 3ème place du classement, Bacardi a déjoué les pronostics qui annonçaient sa dégringolade en même temps qu’un marché du rhum blanc à bout de souffle. Mais c’était sans compter sur une part de marché majoritaire, un héritage toujours aussi fort et une croissance des volumes soutenue, qui permettent à cette marque familiale de continuer à donner le ton sur son marché et à affirmer la présence du rhum blanc dans l’esprit des consommateurs.

#4/ Jack Daniel’s : les années se suivent et se ressemblent pour Jack Daniel’s, qui continue d’asseoir la notoriété de sa marque, enregistre ainsi la seule montée du Top 10 en gagnant deux places, et talonne désormais Bacardi de très près. La réussite de la marque a été de savoir plaire à la cible des jeunes Chinois, qui semblent avoir définitivement adopté ce whisky premium.

#5/ Hennessy : c’est la seule apparition d’une marque estampillée LVMH dans le Top 10. Les volumes ont continué de croître, et rien ne semble pouvoir faire vaciller la force de son héritage et de sa notoriété über-premium. Une des raisons de son succès réside dans sa capacité réaffirmée à séduire les amateurs chinois de Cognacs d’exception, bien que l’essoufflement du marché du don – pilier de la réussite du Cognac en Chine – n’augure pas d’évolution positive pour les années à venir.

#6/ Martini Vermouth : Martini Vermouth perd deux places mais ce leader incontesté du marché des apéritifs qui relègue très loin la concurrence, n’en demeure pas moins une marque fortement ancrée dans le Top 10. L’apéritif italien devra, pour ne pas voir ce précieux sésame menacé, répondre aux enjeux que posent les marchés de l’Asie du Nord-Est.

#7/ Absolut : le marché de la vodka a été, une fois de plus, marqué par l’arrivée de nombreux nouveaux concurrents, et face à cette compétition plus rude, Absolut accuse le coup et a dû, pour maintenir ses volumes, pratiquer une stratégie de rabais à foison. Le résultat : une belle pénétration sur le marché Nord-Américain qui se fait au détriment d’une image de marque dont l’aspect premium se délite encore un peu.

#8/ Captain Morgan : Diageo, encore et toujours… Le rhum Captain Morgan a vu ses volumes croître de manière impressionnante (+5%), pour un résultat net en hausse lui aussi de 7%. Ce développement est en partie dû à sa percée sur des marchés nouveaux pour la marque tels que l’Australie et la France, le tout combiné à une notoriété et une image de marque toujours aussi forte.

#9/ Chivas Regal : La fameuse marque de whisky a beaucoup souffert de l’effondrement du marché du don en Chine, et ne doit sa place dans le top 10 qu’à ses volumes toujours satisfaisants et son héritage toujours aussi prégnant. Cette érosion du marché chinois nous porte à nous interroger sur la capacité de Pernod Ricard à innover pour pénétrer de nouveaux marchés plus ciblés.

#10/ Ballantine’s : Pour Ballantine’s, autre fierté du groupe Pernod Ricard, le contexte est le même, et la marque de Scotch a souffert d’un marché européen en crise, que les percées dans les marchés Coréen et Japonais compensent à peine. A l’affût à la 11ème place, Jim Beam pourrait profiter du regain d’intérêt pour les bourbons pour éjecter Ballantine’s hors du Top 10.

Les marques en plus forte progression cette année sont : Fernet-Branca (+13), Bushmills (+13), Clan Campbell (+12), Pastis 51 (+9), Concha y Toro (+8), Maker’s Mark (+8), Dom Pérignon (+8), Stolichnaya (+8), Beringer (+7), The Macallan (+7).

Au classement des marques de vins les plus puissantes, c’est Concha y Toro (21ème au classement général) qui tire son épingle du jeu et vient souffler la première place à Gallo (27ème), suivi de très près par le géant californien Robert Mondavi (28ème).

Pas de surprises en Champagne où Moët & Chandon (19ème) tient son rang et creuse un peu plus l’écart avec son principal concurrent Veuve Clicquot, tandis que Dom Pérignon (62ème) qui avait déjà gagné 36 places l’an passé poursuit sa formidable ascension et se rapproche de ses deux camarades de chez LVMH. A noter, la discrète entrée dans le classement à la 100ème place de Taittinger qui talonne Nicolas Feuillatte (98ème) de très près. Pour Mumm (92ème), le jeu de yoyo se poursuit avec une chute de 13 places après en avoir gagné 14 lors de l’édition précédente.

En ces temps difficiles, vous l’aurez remarqué, il fait bon de vendre du whisky, de la vodka ou du rhum. Les Ecossais s’en frottent les mains et sont, de loin, la nation la plus représentée et la plus puissante dans ce classement.

On notera également l’entrée fracassante, à la 14ème place, du whisky japonais Suntory, qui en acquérant Beam Inc, 6ème groupe, devrait rapidement venir concurrencer frontalement LVMH pour la 4ème place au classement des groupes propriétaires de marques d’alcool. Diageo seul au sommet, Pernod-Ricard et Bacardi-Martini semblent encore hors de portée à court terme. Néanmoins, comme nous vous l’annoncions en 2011, ce n’était qu’une question de temps avant qu’une marque asiatique ne vienne faire son apparition dans le classement. Et quelle apparition ! A suivre…

2014 POWER 100

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VINISUD 2014 : le salon référence des vins méditerranéens / J-10

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J-10 ! Dans une semaine, du 24 Février au 26 Février 2014, VINISUD ouvrira ses portes à Montpellier.

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« Ce qui compte pour les femmes, c’est que l’étiquette soit jolie » (sic)

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(Petit souvenir rapporté de notre tour du monde des vignobles)

J’étais interviewée récemment par le magazine Formes de Luxe sur le thème de la féminisation des codes dans l’univers des vins et spiritueux. L’occasion de revenir sur un sujet déjà largement abordé sur ce blog : lire ici, ici et ici.

Comme chaque année à cette saison, on assiste à une déferlante de promotions de boissons à la fraîcheur, à la couleur et à la pétillance estivales. Les aromatisés sucrés et fruités n’ont jamais tant fleuri dans les rayons des grandes surfaces que ces deux dernières années. Et les packagings toujours plus féminisés ne sauraient mentir : la femme est bien la (nouvelle) cible privilégiée du secteur des vins & spiritueux. Logique, puisque 51% des consommateurs de vin et de champagne sont… des consommatrices.

Qu’ils se placent dans une forme de communication girly, romantique, haute-couture ou ciblant la citadine, les vins et spiritueux semblent vouloir épouser la silhouette et l’identité de leur cible pour mieux la séduire –à l’instar de la cuvée Lady Style du champagne Malard. Inexorablement, on observe un développement non seulement des alcools adaptés aux « goûts féminins » -rosés, effervescents, aromatisés, alcools sucrés & cocktails colorés- mais aussi une « accessoirisation » de leurs contenants pour cibler une clientèle de femmes a priori (!) davantage sensibles à des codes esthétiques qu’à la valeur intrinsèque des vins.

Fruité, sucré & féminité !
L’univers des cocktails fait figure de précurseur en la matière : les cocktails saveurs litchi, pomme, poire et pamplemousse font florès, avec des exemples parlant comme les cocktails pétillants Soho de la marque Pernod. Après le succès de Soho Gloss, déjà condensé de « girly-tude » avec sa teinte framboise vive, la marque au parfum d’Asie mise sur une communication pastelle et aquarelle pour lancer ses deux nouvelles références acidulées « Hanami » et « Misao ». Une image de douceur et de raffinement qui invite davantage à un pique-nique chic au soleil entre filles qu’à une ambiance de fête nocturne…
Autre invitation au soleil d’un apéro en terrasse : le tout nouveau 51 Rosé aux extraits de fruits rouges à savourer en piscine. Cette innovation de la marque d’anisé est très maligne : parfaitement tournée vers une cible féminine, elle lui donne, clé en main, les « styles de consommation », avec notamment des accords avec « un barbecue chic » ou des « sushis raffinés, simples et légers ».

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L’alcool, une tendance mode comme une autre ?
Qui l’eût cru ? Alors que les goûts deviennent plus « féminins » par leur fruité et leur sucrosité, la communication qui accompagne cette direction ne cesse de s’approcher d’une ligne éditoriale de presse féminine délivrant des « modes d’emploi » didactiques de consommation. En témoigne tous les « conseils pour déguster un apéritif » listés en neufs étapes par 51 Rosé, ces nouveaux alcools s’inscrivent totalement dans la tendance de recherche d’expérience avant tout. Ce qui semble être consommé dès lors, c’est la proposition d’un « instant » avec ses codes et ses « protocoles » plus ou moins élaborés. Un mode de communication particulièrement appétant pour la cible féminine dont l’univers serait a priori beaucoup plus onirique et enclin à aimer le récit, l’imaginaire.

Des codes hors des sentiers battus pour une promesse d’expérience de consommation inédite
On dégusterait ainsi un rosé pamplemousse comme on consomme un magazine ? Les femmes ne seraient-elles que des consommatrices frivoles sensibles à une jolie étiquette ? La réalité n’est évidemment ni aussi simple ni (heureusement) aussi misogyne –pour en débattre, je vous recommande chaudement l’interview de Sandrine Goeyvaerts par Antonin Iommi-Amunategui « Vin de femmes ? Mes couilles, oui ! ». Prenons plutôt le parti optimiste (et féministe ?) de dire que les femmes, plus enclines à apprécier l’esthétique apportée à la communication des vins & spiritueux, sont, tout au plus, davantage sensible à la modernité ! Les alcools cherchent alors l’agrément féminin en allant quérir des codes nouveaux hors de l’univers classique des spiritueux.

Petit état des lieux
Depuis quelques années, les bouteilles s’inspirent du bijou – comme le gin Pink 47 dont la bouteille aux allures de pierre précieuse démultiplie les reflets roses de son étiquette ; de la haute couture – en atteste l’édition limitée du champagne Piper-Heidsieck par Jean-Paul Gaultier ; du flacon de parfum – à l’instar de l’audacieuse fiole rose de la « sparkling » liqueur Nuvo qui évoque davantage le packaging de la fragrance « Very Irrésistible » de Givenchy que celle d’une liqueur plus classique. Jusqu’à se travestir en accessoire de mode à l’image du « Shopping Bag LE KIR® » de la maison Lejay Lagoute qui, lancé cette année, assume totalement et avec réussite son envie de séduire en priorité ces demoiselles par son « look glamour ». Ou comment valoriser sa cible en lui proposant un produit idéal tant en termes de contenu que de contenant, en tirant clairement les codes de la catégorie vers le haut.

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Des exemples qui prouvent la réussite du mélange des genres auprès d’une cible féminine. Il me semble quand même qu’au-delà d’un plaisir esthétique effectif que ces approches procurent à ces dames, ces exemples en disent davantage sur les attentes du consommateur (postmoderne ?) en général que sur les seules attentes de la femme. En effet, comme autant de marqueurs d’une tendance qui se dessine dans notre société, ces alliances de codes d’univers différents soulignent toujours davantage la quête fondamentale d’expérience de la part des consommateurs modernes qui ne se satisfont plus uniquement du produit mais sont en recherche d’expériences, d’histoires, de moments uniques à partager. Autant de moyens de créer du lien. A ce titre, le lancement le 16 juin prochain lors du salon Vinexpo de Vinealove, le premier site de rencontres autour du vin, n’est peut-être pas si anecdotique…

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Classement des marques d’alcool : Interbrand « Best Global Brands 2012″

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Interbrand a publié fin 2012 son classement annuel des marques les plus performantes. Revenons donc avec un léger décalage temporel sur cette hiérarchie mondiale en écho aux notes parues sur ce blog en 2011 et en 2010.

Indétrônable Coca-Cola reste à la première place du classement. A noter dans le TOP 10, la surperformance des marques Apple (#2), et Samsung (#9) symboles de la bonne santé du secteur des technologies mobiles. Et bien sûr, en fait marquant, l’arrivée de Facebook (#69) pour la première fois dans ce palmarès.

S’agissant des marques d’alcool, voici les sept qui figurent toujours et depuis 3 années consécutives dans ce TOP 100. Pour rappel, le palmarès est préparé selon une métholologie privilégiant la valorisation financière.

Bud #31 BUDWEISER

(chute de deux places) : Budweiser a de quoi rester optimiste. Le nouveau design de sa canette reflète son positionnement contemporain et global, tout en s’éloignant de ses racines purement américaines. La marque sort de sa zone de confort (les états du centre du pays) pour toucher une cible plus urbaine grâce par exemple au festival « Budweiser Made in America » en association avec le rappeur et producteur Jay-Z. Si la marque sponsorise  la FA cup et  la coupe de monde de football 2014, elle innove aussi en digital avec la campagne » Track your Bud » qui permet au consommateur de retracer l’origine de sa bière via un QR code. Avec  44% de ses ventes hors des Etats-Unis, son marché global s’accroit, mais Budweiser connait des difficultés sur son marché national.  Ce qui soulève cette question : peut-elle devenir la première marque de bière mondiale si elle n’est plus leader sur son marché d’origine ?

Jack #81 JACK DANIEL’S

(chute de trois places) : la marque célèbre son 160éme anniversaire en continuant sa croissance. Le Tennessee Whiskey a plus d’amis sur Facebook (1,8 millions) que n’importe quelle autre marque d’alcool. Le site internet a été remanié et Twitter est habilement utilisé pour faire parler de la cuvée aromatisé  Tennessee Honey. Ses valeurs d’authenticité et d’intégrité s’expriment à différents niveaux. En interne les collaborateurs  intègrent l’héritage et les valeurs de la marque en participant au « Camp Jack » dans le Tennessee. Et Jack
Daniel’s est partenaire de l’université locale dans la sauvegarde d’arbres natifs de la région. Des valeurs citoyennes qui sont un atout pour la communication de la marque.

Jw #83 JOHNNIE WALKER

(gain de 5 places) : Johnnie Walker, le leader des scotchs whisky continue de jouer la locomotive dans le portefeuille de Diageo et présente la plus forte progression du classement. Ayant vendu 18,9 millions de caisses, (site de diageo) Johnnie Walker reste le whisky le plus vendu en volume et en valeur, et malgré ces volumes, la marque reste sur un positionnement premium global. Sa campagne africaine « Walk with Giant », son partenariat avec le blogueur chinois Han Han (le plus lu au monde), ou son association avec le porte-parole latino DJ Alex sensation, renforcent sa position sur les marchés émergents, et permet de compenser  la stagnation des marchés européens. Les tournois de golf Johnnie Walker Classic en Asie et Johnnie Walker Championship at Gleneagles renforcent quand à eux sa visibilité et ses racines écossaises. Enfin le packaging simple et élégant de la gamme est toujours aussi différenciant et la marque est capable de toucher des consommateurs sur de nombreux segments de prix, ce qui est un bon présage pour le futur.

Corona #89 CORONA

(chute de trois places) : Une grosse chaleur ? Une Corona avec une tranche de citron. Le nectar préfèré de Jacques Chirac est aussi une des plus grosse vente de bière importée aux USA et en Australie ainsi que la plus forte croissance du brasseur Grupo Modelo’s en 2011. Même si la marque est positionnée différemment en fonction des pays, Corona a la même stratégie globale autour du monde du sport et d’un style de vie décomplexé, jeune et festif. Pendant l’été 2012, la campagne “Corona Beach Getaway” a par exemple démontré que la plage n’est pas nécessairement un endroit physique, mais plutôt un état d’esprit… avec à la clé un gros succes sur les réseaux sociaux. Les codes couleurs et le graphisme des nouveaux packaging pour Corona Extra et Corona Light contribuent a améliorer la compréhension de la marque. Mais  la marque est touchée par la hausse du chômage et la baisse du pouvoir d’achat aux Etats-Unis, et Corona doit continuer de cibler la communauté hispanique américaine qui représentera 23% de la population en âge de consommer de l’alcool à l’horizon 2030.

Smirnoff #90 SMIRNOFF

(chute d’une place) : Diageo décrit Smirnoff comme “l’alcool premium distillé le mieux vendu au monde ». Une croissance à deux chiffres en Afrique et Amérique Latine, des dépenses en marketing en hausse de 10% et deux nouveaux parfums : crème chantilly et marshmallow.  Dans la lignée du « Nighlife Exchange Project », Smirnoff a lancé le “Smirnoff Midnight Circus” en collaboration avec David LaChapelle, un tour du monde des expériences clubbing. Le site internet de la marque ne parle pas seulement de cocktails, mais propose aussi un « nightlife guide » mondial. Smirnoff fournit toutes les informations pour faire passer a ses consommateurs la nuit dont ils rêvent, partout dans le monde.

Heineken  #92 HEINEKEN

(chute d’une place) : Heineken reste sur le devant de la scène. Son rachat complet de la bière thaïlandaise Tiger renforce sa présence en Asie. Ses campagnes de publicités sont toujours aussi mémorables à l’image de  « Heineken Star Serve » qui s’adresse à la fois aux serveurs et aux consommateurs et qui traite de l’art du service de la pression parfaite. La marque a le pouvoir de créer des conversations mondiales et organise des événements marquants comme son « nightclub design concept » pendant la semaine du design à Milan. Ses 11 millions de fans sur Facebook sont la preuve que la marque connait un succès mondial en maintenant une image haut de gamme.

Moet  #98 MOËT & CHANDON

(chute de vingt-et-une places) : Succès et glamour depuis 1743, la marque continue son numéro de charme en témoigne sa participation à la création du boutique hôtel White 1921, remplaçant la maison blanche de Saint-Tropez. Un bar permettra de se relaxer en dégustant du Moët Imperial Vintage 1921. Moët a aussi lancé Lounge Series, un programme dédié à la cuvée Nectar Imperial rosé. La maison sera le champagne officiel de la prochaine coupe de l’America qui se déroulera en septembre prochain à San-Francisco. Enfin, l’embauche d’une nouvelle agence spécialisée dans le digital augure d’une présence plus prononcée sur le web et les réseaux sociaux.

Enfin, au titre des enseignements transversaux, et cela n’étonnera personne, le rapport souligne dans la duynamque des marques gagnantes que les dispositifs et stratégies digitales gagnent encore en importance pendant que le sponsoring de grands événements semble toujours attirer les faveurs des leaders de l’industrie.

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