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Impressions Grand Tasting

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Passage sur le salon Le Grand Tasting vendredi dernier à Paris. Une troisième édition marquée, du point de vue de la communication, par la promotion qui en a été faite durant les jours qui ont précédé l’événement, en particulier via l’utilisation du web et des réseaux communautaires. Ainsi la création et l’animation d’un groupe Le Grand Tasting sur Facebook et la mise en place d’un site événementiel degustezavecnous.fr pour faire découvrir des vins -animations vidéos avec Bettane & Desseauve- et gagner des invitations pour le Salon. Si ce type d’opération touche une micro partie des amateurs de vin (et essentiellement des blogueurs sans doute), elle a le mérite d’être suivie de retombées immédiates, en témoignent les articles parus sur les blogs dans les jours qui ont précédé l’événement, comme Vodka & Co ici, ici, ici et ici.

Côté organisation, Le Grand Tasting est toujours agréable -surtout le vendredi matin lorsqu’il n’y a pas trop de visiteurs-, le lieu s’y prête évidemment -le Carrousel du Louvre- et les verres de dégustation remis à l’entre -Riedel en cristal- ne gâchent rien. L’esthétique est bien en phase avec le positionnement -élégance et qualité-, même si on peut regretter que l’harmonisation visuelle de tous les espaces exposants se fasse au détriment de la mise en valeur de l’identité propre à chaque domaine.

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Côté vins et découvertes, j’apprécie toujours autant les cuvées distribuées par South World Wines et en particulier le Sauvignon Blanc 2008 de Cloudy Bay, décidément une valeur sûre.
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Clin d’œil aussi au Chili avec la cuvée Secreto Shiraz 2006 de Viu Manent, un vin dont l’assemblage, comme pour l’ensemble de cette gamme, comporte un petit pourcentage d’un cépage ‘secret » -d’où le nom.

Et j’ai revu avec plaisir les vignerons accompagnés par Olivier Dauga -pour qui nous avions organisé l’événement Vignerons Voyageurs au printemps dernier, lire aussi ici- dont Christophe Gribelin du domaine de la Zouina -vins et huile d’olive du Maroc-, l’équipe de Château Turcan -si vous aimez les vins blancs élevés en barriques, je vous recommande la cuvée Louis, un délice-, et Sandrine Philippe du Château Clos Saint Emilion Philippe et sa cuvée 106.

Finalement, cette troisième édition du Grand Tasting a tenu son engagement même si je m’attendais à davantage de nouveautés et d’animations qui ne soient pas uniquement les classiques du genre -concours Maître du Vin, Masters Class et Ateliers Gourmets mais sortent des sentiers battus pour, enfin, proposer au visiteur des regards différents sur le vin et démontrer que qualité et élégance peuvent aller de pair avec audace et créativité.

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SIAL 2008 : quelle place pour l’innovation dans les vins et spiritueux français ?

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Visite du SIAL il y a quelques jours, l’occasion d’étudier les tendances en matière d’alimentaire, et surtout la place accordée à l’innovation dans le secteur vins et spiritueux, présent dans un hall spécifique et via des animations et conférences dédiées.

Côté tendances, quelques lignes directrices qui confirment ce qui peut s’observer depuis quelques années maintenant : volonté de simplifier l’accès au produit, modes de dégustation individuels et nomades toujours d’actualité, conscience marketing des enjeux du développement durable et du respect de l’environnement dans l’offre produit, importance du rapport qualité prix pour le consommateur.

Côté innovations, peu d’offres révolutionnaires. On retrouve des acteurs qui font toujours preuve de leur volonté de se différencier, présents sur le marché depuis déjà quelques temps, comme Fruité Catalan (lire aussi ici).

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Pour les propositions plus récentes, je citerai le vin en canettes Other Wine -j’ai déjà parlé de ce type de contenant pour le vin dans une note précédente, à lire ici. La proposition Other Wine, au-delà du discours sur la dégustation du produit, axé autour du plaisir -communication adaptée à la cible- a aussi l’avantage de l’esthétisme, avec un packaging graphique, sympathique et moderne, plutôt séduisant.

Autre acteur innovant présent sur le salon, French Addiction, qui présentait le nouvel univers graphique développé autour de ses produits, traduisant plutôt bien son ambition : simplifier l’accès au vin français. Une approche très visuelle et colorée qui met d’abord en avant les caractéristiques du vin (léger et épicé par exemple) dans un mode plutôt élégant, et fait de la dégustation un moment de plaisir et de découverte sans pour autant se prendre trop au sérieux.

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Du côté des animations, j’ai été plutôt déçue par les espaces d’exposition consacrés à l’innovation dans l’alimentaire en général : des thèmes très intéressants sur le papier mais une mise en œuvre qui manque d’ambition. Dommage, car les intitulés étaient plutôt prometteurs, qu’il s’agisse de la Librairie Gourmande, de l’espace Tendances et Innovation, ou de l’invitation à découvrir « Food Design » ou « Food and Beauty ».

J’ai en revanche assisté avec intérêt à certaines des conférences données dans le cadre du Wine Innovation Forum, revu avec plaisir Cécile Bonnefond, Présidente de Veuve Clicquot, présenter la politique d’innovation menée depuis plusieurs années -avec succès- par la maison rémoise -tous les détails ici, ici, ici, ici et ici- et écouté avec attention l’intervention de Jean-Charles Boisset, Directeur Général de Boisset, sur French Rabbit, le premier vin français en Tetra Pak, une proposition nomade et écolo dont j’avais parlé ici.

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Avec tout cela, ma question de savoir quelle est aujourd’hui la place laissée ou accordée à l’innovation dans le secteur des vins et spiritueux français n’a pas réellement trouvé sa réponse. Sur le SIAL, on fait finalement assez vite le tour des nouveautés et des marques qui font preuve d’une véritable politique d’innovation et de créativité. Une frilosité liée à la conjoncture ? Aux attentes des consommateurs français, encore conservateurs ? Ou bien est-ce ma perception qui est faussée, liée à mes propres attentes, trop élevées pour un salon finalement surtout consacré à l’alimentaire ? Autre possibilité : le SIAL n’est finalement peut-être pas le lieu idéal pour constater les
changement qui s’opèrent depuis quelques années sur le marché du vin ?

Au vu des exemples présentés régulièrement sur ce blog -qu’ils soient internationaux ou français, qu’ils concernent de petites ou de grandes structures-, je suis cependant persuadée que si, aujourd’hui peut-être encore, la place laissée à l’innovation dans le vin est, effectivement, peu visible sur le marché français, le potentiel est en revanche énorme. A suivre…

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Edition 2008 de Vinisud : quelques observations marketing

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De retour du salon VINISUD à Montpellier, quelques observations sur cette édition 2008.

Dans l’ensemble, moins d’innovations marketing que lors de l’édition 2006, ou plus exactement l’impression que les innovations marketing, lorsqu’il y en a, sont moins « gratuites » et davantage réfléchies, ce qui est plutôt positif. On croise encore quelques critter wines -dinosaures, entre autres -lire aussi ici- mais la tendance est plutôt à un recentrage sur le produit lui-même et à la simplification par l’éducation du consommateur : images et mots-clé sur l’étiquette permettant de comprendre immédiatement les caractéristiques gustatives du vin, par exemple.

« Le marketing est mort, vive le vin » : une autre manière de communiquer et de se différencier en annonçant clairement la couleur. C’est l’approche choisie -et plutôt bien mise en scène- par l’AOC Minervois-La Livinière : pas de moquette au sol mais du béton brut, décor moderne et cloisons monochrome rouge, mots choisi (« le off du in »), affichettes collées façon Révolution / appel à la population… pour un discours ouvertement anti-marketing (mais finalement bien marketé) qui revendique la volonté de l’appellation de centrer son discours sur le vin en investissant ses moyens sur le produit plutôt que sur le décorum. Seul bémol : du coup, la mise en scène prend le dessus et les exposants manquent de visibilité individuelle.

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De manière anecdotique, mais à signaler malgré tout, le développement de la couleur bleue dans les packagings. J’aurai l’occasion de revenir sur la question du bleu dans l’alimentaire et dans les alcools en particulier : une couleur pour se différencier, qui transmet des valeurs spécifiques inspirée d’autres univers. A titre d’exemple, voir les vins Azzaro, présents sur le salon, nés de la collaboration entre le designer Loris Azzaro et l’œnologue languedocien Frédéric Roger.

Anecdotique également pour cette édition -mais probablement avec un fort potentiel pour les années à venir- la présence de la Chine sur le salon, via Château Saint Estève et la marque Cacttus, visibles sur leur stand et animateurs d’une conférence sur « le développement du vin et la perspective du marché chinois ».

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Enfin, pour le plaisir de yeux comme à chaque fois, les barriques peintes de Château Puech-Haut -lire aussi ici-, exposées  en divers endroit du Parc des Expositions. Je suis toujours autant enthousiaste sur le concept -une collection unique de barriques peintes par des artistes, une communication différenciante réussie, qui associe intelligemment et avec esthétisme le vin et l’art. Une déception cette année cependant : la reproduction en miniature des barriques peintes, version métallique, pouvant servir de seau à glace, largement distribuées aux visiteurs. Si la volonté est de communiquer sur l’élément fort de reconnaissance de Château Puech-Haut en démocratisant l’accès à son art, le résultat tend plutôt vers une vulgarisation de l’œuvre, transformée en objet de piètre qualité, façon  « souvenir acheté dans un bazar chinois ». Dommage : dans un cas comme celui-ci, la valeur de l’œuvre tient aussi à son caractère unique, et Château Puech-Haut n’a pas besoin de cette démocratisation pour faire connaître et apprécier son travail.

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L’approche « dress code » proposée par La Grande Epicerie de Paris

Sowine_bonmarche Pour rebondir sur ma note d’hier, à signaler la très bonne initiative de La Grande Epicerie du Bon Marché pour sa « foire aux vins » : proposer une approche encore différente, par « dress code » cette fois : Chic, Classic, Casual, Sporty et Must, ou autant d’occasions d’assortir votre choix de vins à votre tenue vestimentaire. Plutôt cohérent pour un grand magasin positionné comme le temple de la mode avant-gardiste et pointue à Paris !

A chaque tenue correspond un choix de vin, proposé à l’unité ou par caisses de 6 : deux exemplaires de trois cuvées différentes, à des prix allant de 49,90€ la caisse de 6 bouteilles  » Sporty » à 1550€ la caisse de six « Classic » -avec Château Haut-Brion, Château Laffite Rothschild et Château Latour 2001. Le tout présenté de manière plutôt décalée, même si les linéaires spécialement installés ne ressortent pas vraiment du reste de l’espace dédié aux vins.

Une approche plutôt sympathique et efficace donc, et le leaflet mis à disposition des clients est lui aussi bien réalisé : design original et chic, explications claires et informations exhaustives sur l’opération puisque ce sont non seulement le concept, la liste des vins choisis et leur prix qui y sont détaillés, mais également un bon de commande et une invitation à découvrir quelques-uns des crus proposés en s’inscrivant à une dégustation en compagnie des vignerons producteurs.

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Last but not least, les vitrines de La Grande Ep’, spécifiquement aménagées pour l’occasion : impactant et surtout très cohérent avec les vitrines voisines dédiées à l’Exposition Tokyo qui a lieu en ce moment au Bon Marché. Les vitrines annonçant l’exposition sont vraiment superbes, filant la thématique de la « tâche » rouge du drapeau japonais au moyen de différents objets : lampions ou ombrelles installés par séries géométriques. Dommage que l’exposition en elle-même, mise à part la partie photos, soit plutôt décevante, surtout quand on connaît Tokyo : les objets proposés par quartiers de la ville ne sont à mon sens pas vraiment représentatifs ni de la ville dans son ensemble ni de ce qui fait l’essence même de chacun de ces quartiers particuliers. A découvrir malgré tout, en faisant d’une pierre deux coups avec « Les dress codes du vin » jusqu’au 6 octobre.Sowine_tsumorichisato

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Hommage au Jaune Clicquot : audace marketing du XIXe siècle

Sowine_clicquot2Evénement la semaine dernière à New York : Veuve Clicquot fêtait sa célèbre couleur jaune, une couleur reconnaissable entre toutes dans le monde du champagne et utilisée par la Maison rémoise depuis 130 ans.

L’événement : un itinéraire artistique organisé dans le premier building reconstruit sur le site du World Trade Center (et décoré pour l’occasion par le team Kuntzel+Deygas), une série d’expériences sensorielles autour du jaune Clicquot, créées par des artistes internationaux (pianiste, sculpteur, écrivain, danseur) et une dégustation du vin également orchestrée autour de la couleur, commentée par le Chef de Caves Jacques Péters.

Sowine_yellowboam_2Note finale de ces créations artistiques monochromes : le lancement de trois séries limitées de jéroboams (rebaptisés pour l’occasion Yellowboams), habillés de trois cuirs précieux (aligator, galuchat et autruche) de couleur jaune.

Au-delà de l’événement en tant que tel, célébré dans l’une des villes les plus fidèles à l’étiquette jaune -je me souviens de la réponse de ce serveur d’un restaurant new-yorkais à qui je demandais son avis sur le champagne que je pouvais commander : « Well, Clicquot, of course »- l’hommage rendu à cet habillage unique souligne aussi le caractère exceptionnellement précoce et audacieux de cette trouvaille « marketing » du XIXe siècle : différencier les flacons produits par la Maison de champagne en les habillant d’une étiquette tellement spécifique qu’elle en devenait unique et inimitable – ou presque.

Sowine_clicquot1_2 Photo: Patrick McMullan

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Marketers by Vinexpo

Sowine_marketersJ’étais cette semaine sur le salon Vinexpo à Bordeaux, intéressée comme toujours par les nouveautés et tendances du marché, et particulièrement curieuse de la section nouvellement créée cette année et spécifiquement dédiée « au marketing du vin et des spiritueux » : Marketers by Vinexpo.

L’initiative pourrait avoir en soit une valeur symbolique : en proposant aux professionnels du marketing un espace d’exposition et en donnant la possibilité aux acteurs de la filière de venir à leur rencontre, les organisateurs de Vinexpo prouvent que le monde du vin, en France aussi, a pris conscience de la nécessité d’adopter des solutions marketing pour développer l’image des produits et mieux vendre.

Le lieu est certes à l’écart des trois halls d’exposition principaux, sur l’autre rive du lac, mais il reste facile d’accès et surtout, est voisin des amphithéâtres accueillant les conférences organisées pendant le salon. En partant du principe que les professionnels intéressés par l’aspect marketing de leur produit soient disposés à prendre un peu de temps, on pouvait considérer que Marketers by Vinexpo soit un espace à visiter au même titre ques les autres.

A partir de là, toute la question est de savoir ce qu’on entend par « marketing », et c’est là que le bas blesse – je fais en tous cas le constat que comme souvent, ce qu’englobe la notion est finalement très large, et que l’approche proposée par Marketers est, elle, plutôt réductrice : les « équipements et solutions pour la vente au consommateur de vin et spiritueux » sont essentiellement axés autour du packaging (coffrets, sacs) ou du service (verres, seaux et autres accessoires), et sont avant tout des outils de merchandising et d’aide à la promotion sur le lieu de vente plutôt que des outils de communication.

Certes, ces supports sont intéressants et nécessaires, mais je regrette que pour cette première édition, Marketers by Vinexpo n’ait pas proposé aux professionnels du vin et des spiritueux davantage de solutions de « communication, de design, de packaging » (comme annoncé) en phase avec les besoins des marques et la demande des consommateurs.

Cette frilosité est-elle liée à une vision très franco-française du marché, limité dans sa communication par la Loi Evin (qui, à titre d’exemple, n’autorise l’utilisation d’objets merchandising sur le marché français que lorsqu’ils sont directement liés au service du vin – comme les seaux et verres) ?

Dommage que sur un salon à dimension internationale, la vision de ce que recouvre le terme « marketing » ne soit pas plus large et créative pour offrir aux visiteurs des services et produits leur permettant de réfléchir plus en amont à leur stratégie et de développer leurs ventes : des études de marché aux solutions de communication visuelle pour les lieux de vente, en passant par les outils liés au design du produit et la publicité, par exemple .

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Vinexpo s’ouvre au marketing du vin

Vinexpo_sowineL’édition 2007 de Vinexpo, le salon international du vin et des spiritueux qui se tient à Bordeaux, approche à grands pas. L’une des principales nouveautés cette année est la mise en place d’un espace spécifiquement dédié au marketing du vin et des spiritueux.

Pour la première fois, le rôle du marketing est non seulement reconnu mais surtout mis en avant sur le plus important salon des vins français – un signe qu’en France aussi, le monde du vin prend conscience de la nécessité de mieux communiquer pour mieux vendre ?

Je serai sur le salon cette année et suis d’ores et déjà impatiente de découvrir cet espace Marketers by Vinexpo, et curieuse d’échanger avec d’autres spécialistes du marketing passionnés de vins et de spiritueux.

Vinexpo, Parc des Expositions de Bordeaux Lac, du 17 au 21 juin 2007

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