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Veuve Clicquot et la Baltique, suite… et à suivre !

Suite de l’aventure des flacons de la Baltique, que j’avais relatée cet été dans mes notes Comment maîtriser son actualité et Une belle opportunité de communication.

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Alors que le repêchage de 168 flacons par le gouvernement des îles d’Aland a pris fin,Veuve Clicquot publie aujourd’hui un communiqué annonçant que parmi les bouteilles repêchées, certaines s’avèrent effectivement être du Veuve Clicquot. En juillet dernier, les premières bouteilles remontées avaient initialement prêté à confusion sur leur origine, s’avérant finalement être du champagne Juglar, une maison châlonnaise aujourd’hui disparue.

« Hier, au cours d’une opération de rebouchage, François Hautekeur, oenologue de la Maison Veuve Clicquot, et Fabienne Moreau, historienne, ont été à même d’identifier avec certitude la marque Veuve Clicquot sur le miroir (face intérieure) d’un bouchon. Cette méthode est la seule façon d’identifier le champagne, ces bouteilles n’ayant pas d’étiquette. Trois flacons ont été identifiés avec certitude comme étant du champagne Veuve Clicquot et la probabilité qu’on en découvre plusieurs autres dans les semaines à venir est très élevée. L’opération s’est déroulée en présence de l’expert international Richard Juhlin : « Le Clicquot est assez sec, un peu comme un riesling. Sa robe est d’un jaune soutenu aux reflets verts, tout comme les notes élégantes et raffinées de zestes de citron vert, fleurs blanches et tilleul, conclues par une note épicée et toastée et un bouquet proche du brie de Meaux. Une fraîcheur incroyable assortie d’une longueur en bouche interminable qui rappelle un très vieux liquoreux. »   François Hautekeur décrit ce champagne Veuve Clicquot, parfaitement consommable : « avec un nez toasté, des arômes d’orange amère et de café, un goût fleuri très agréable« .

Depuis les premiers jours de cette belle histoire, la Maison Veuve Clicquot a parfaitement maîtrisé la gestion de cette actualité particulière, y compris alors que les premières bouteilles repêchées s’avéraient ne pas être du Veuve Clicquot. Que certaines d’entre elles le soient est de fait une bonne nouvelle pour la Maison rémoise. Je trouve d’ailleurs particulièrement intéressant que la Maison Jacquesson, héritière de Juglar, missionne à son tour actuellement sur place un historien pour effectuer des recherches sur le sujet.

Aujourd’hui, le gouvernement des Iles Aland annonce qu’il va vendre aux enchères une partie des bouteilles repêchées. Des enchères qui pourraient atteindre des sommets, s’incrivant aussi dans l’actualité : concours de circonstances, l’enchère la plus élevée pour une bouteille de vin a eu lieu hier à Genève, adjugeant une très rare bouteille de format Impérial du grand cru de Bordeaux Cheval blanc de 1947 à un collectionneur privé pour 304.375 dollars (223.967 euros), un record mondial pour une bouteille de vin -lire aussi ici.

A suivre donc. En attendant, je vous invite à regarder le magazine que France 3 consacrera à ce sujet dimanche 28 novembre prochain dans le 19/20.

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Ateliers et boutiques éphémères ou comment communiquer avec efficacité et originalité

PELICAN

Le concept de boutique éphémère, largement et depuis longtemps utilisé dans l’univers de la mode, gagne ses galons dans celui des alcools et en particulier de la bière.

Les brasseurs, toujours très actifs en termes de communication, se prennent au jeu de l’événementialisation de leur marque sur une courte durée et en un lieu unique : en témoignent les deux manifestations parisiennes organisées plus tôt cette année par les brasseurs Kronenbourg et Heineken -L’Atelier des Brasseurs et L’atelier des Champs- ou encore l’espace éphémère la Table du Pélican proposé ce mois-ci par la marque Pelforth (groupe Heineken).

Les avantages d’une boutique éphémère sont nombreux pour les marques : sans avoir à consacrer un budget démesuré à la location longue durée d’un bien immobilier -qui plus est, souvent difficile à trouver sur les artères huppées des capitales-, elles peuvent occuper, l’espace de quelques semaines, un emplacement choisi et plonger les consommateurs dans leur univers de marque tout en contrôlant parfaitement la communication sur leurs produits.

Autre avantage de la boutique éphémère : elle est pour la marque une occasion de prise de parole événementielle génératrice de retombées presse et permet de susciter un véritable intérêt auprès des consommateurs en créant du buzz.

L’univers de la mode et du luxe en particulier s’appuie depuis longtemps sur ce concept : la marque Comme des Garçons en est le meilleur exemple, avec ses « Guerilla store » qui fleurissent autour du monde depuis plusieurs années. D’autres marques s’appuient sur ce concept, que ce soit à l’occasion des collections -Thierry Mugler à Paris ou Azzaro à Londres- ou d’un anniversaire -Cacharel à Paris à l’occasion des 50 ans de la marque, ou plus récemment, Danone avec sa boutique Chez Danette installée pendant une dizaine de jours à Paris pour les 40 ans de la marque.

Concernant les brasseurs, si Kronenbourg et Heineken ont créé l’événement quasi au même moment plus tôt cette année, les deux marques ont toutefois choisi des angles de communication différents pour valoriser efficacement leur implantation temporaire.

Du côté de Kronenbourg, l’Atelier des Brasseurs rue de Rivoli avait pour objectif principal de lancer une nouvelle référence dans la gamme : la Sélection des Brasseurs, une bière blonde « fraîche et savoureuse », imaginée sur l’observation qu’il y a bel et bien une place pour « une bière plus aromatique que la Kronenbourg classique, mais moins amère que la 1664″.

Pour théâtraliser son lancement et communiquer auprès des consommateurs, Kronenbourg avait choisi d’investir en plein cœur de Paris un espace dédié à cette nouvelle référence, avec une scénographie faisant la belle part à la dimension humaine : ces hommes et ces femmes qui élaborent les différentes bières du brasseur alsacien, mis en avant via de grands portraits en noir et blanc. Une belle manière de donner un visage humain à la marque, dans la lignée de sa dernière campagne de communication.

Du côté de Heineken, l’Atelier des Champs sur les Champs Élysées proposait une série d’ateliers en comité restreint dans un lieu « éphémère et inattendu » à Paris : -« champs d’orge et de houblon en plein cœur de la capitale, tables en bois brut, murs végétaux […], un jardin suspendu dans Paris » : la promesse était effectivement plutôt alléchante !

L’approche était plus poussée et les explications techniques, mais le concept demeurait très convivial pour ceux qui ont eu la chance d’y participer. Le lieu jouait à fond la carte de l’exclusivité : l’inscription préalable sur le site internet était obligatoire, le nombre de places limité et aucune signalétique n’indiquait l’accès à l’espace occupé par la marque, impossible donc pour les non-initiés d’entrer en contact avec l’univers de la marque par hasard, au gré d’une ballade sur les Champs.

Autre différence chez Heineken : le concept s’appuie au départ sur la notion d’éphémère avec l’Atelier des Champs mais l’expérience a pour vocation de durer : un jeu concours était organisé dans la foulée, permettant aux amateurs de voter sur un site web dédié pour leur bière préférée, qui a aboutit à l’élaboration d’une bière « dont le profil aromatique a été défini par le vote des internautes », lancée en édition limitée et présentée lors d’une soirée « Bière des Champs » organisée le mois dernier à Paris.

Pelforth, avec sa Table du Pélican, propose quant à elle au grand public de partager un repas en dégustation avec un verre de Pelforth pour un prix unique de 18€ : trois menus -une entrée légère, une carbonnade flamande au pain d’épices goûteuse et un dessert au spéculoos pour le premier des trois menus- et le choix entre l’une des trois couleurs de bière. L’attrait du concept ne réside pas tant dans sa dimension gastronomique que dans son côté sympathique et son accessibilité, tant au niveau budgétaire que dans la communication à destination du public, via une page Facebook pratique pour réserver ses places. Le renouvellement hebdomadaire du menu sur la période d’existence du restaurant permet aux consommateurs de réitérer l’expérience.

Concernant le vin, en France, les exemples tardent à apparaître. Prise de parole événementielle efficace, occasion unique de toucher de nouveaux publics et de présenter de nouveaux produits, bon moyen de tester de nouveaux marchés à moindre coût, dispositif adéquat pour instaurer une relation privilégiée entre la marque et ses consommateurs : certes, les contraintes d’une boutique éphémère sont plus importantes en France que dans d’autres pays quand il s’agit de marques d’alcool, mais à voir les possibilités offertes par ce type de manifestation et les avantages induits, impossible de ne pas se demander quels seront les premiers acteurs de la filière vinicole française qui à leur tour créeront l’événement autour de lieux éphémères pour partager leur univers de marque.

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ABERLOUR HUNTING CLUB – restaurant éphémère – l’événement gastronomie de cet automne

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La marque Aberlour crée l’événement cet automne, à l’occasion de la Saint Hubert, en organisant cinq dîners d’exception pour célébrer l’union de la gastronomie et de la chasse.

Du mercredi 3 au dimanche 7 novembre 2010, trente convives auront l’opportunité de vivre une soirée exceptionnelle dans le cadre du ABERLOUR HUNTING CLUB, restaurant éphémère qui ouvrira ses portes dans un cadre unique en plein cœur du Marais à Paris : la Maison de la Chasse et de la Nature, privatisée pour l’occasion.

Aberlour1967_DP-11 C’est le Chef étoilé Marcello Tully, du Kinloch Lodge sur l’île de Skye en Ecosse, qui a été choisi pour concevoir un menu associant chaque met à un des Single Malts Aberlour, du saumon sauvage à la grouse.

En amont du dîner, après une visite privative du Musée, les convives auront le privilège de déguster en exclusivité le très rare Single Malt Aberlour Millésime 1967, le plus vieux fût de la distillerie, servi dans la plus pure tradition écossaise.

Les réservations ont débuté aujourd’hui 18 octobre. Donc pour les amateurs, dépêchez-vous de réserver vos places via la billetterie !

Dîner sur réservation uniquement, 120 € par personne, limité à 30 couverts par soir.
Plus d’informations : DOSSIER DE PRESSE  –  Aberlour.com

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Photos Eric Zéziola – DR

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Veuve Clicquot et les flacons de la Baltique : le fin mot de l’histoire, une belle opportunité de communication

SOWINE-VCP

De retour de vacances -passées au bord de la Baltique inpirées par ce qui suit-, j’en profite pour revenir sur l’histoire des flacons de champagne découverts en juillet dernier au large de la Finlande -lire ma note précédente à ce sujet ici.

Si vous avez suivi les différents épisodes de cette actualité dans la presse cet été, vous aurez certainement lu que le champagne repêché n’est finalement pas, comme annoncé initialement, du Veuve Clicquot. Une annonce faite par la maison Veuve Clicquot elle-même, suite aux analyses effectuées par son Chef de Caves Dominique Demarville sur l’un des flacons.

Si cette info et les détails fournis par la Maison Veuve Clicquot apportent une première conclusion à une histoire qui en aura passionné plus d’un, elle est pour moi également, à nouveau, un excellent exemple de bonne gestion d’une actualité « chaude » par une marque :

1/ Dans un premier temps, mi-juillet, alors que tous les médias s’emparent de l’histoire en citant Veuve Clicquot comme étant la maison d’origine de ces flacons historiques -sur la base du symbole de l’ancre marine visible sur l’un des flacons repêchés-, Veuve Clicquot reste prudente et garde le silence, dans l’attente de recevoir et d’analyser les dits flacons.

2/ Une fois le flacon analysé, la Maison Veuve Clicquot choisit de communiquer sur ses résultats, quand bien même cela implique de démentir les informations initialement relayées sur l’orgine et l’ancienneté des flacons, qui étaient on ne peut plus favorables à la marque. Plutôt que du Veuve Clicquot datant des années 1780, il s’agit « selon toute vraisemblance, d’une bouteille champenoise datant du premier tiers du XIXe siècle […] Après séchage, l’ancre est bien visible, ainsi que la marque Juglar, du nom d’une Maison de Champagne châlonnaise désormais disparue », précise Veuve Clicquot.

En communiquant avec précision les résultats de ces analyses tant d’un point de vue oenologique -« un vin d’un jaune doré intense, avec quelques reflets gris-brun (…) Le goût est dominé en attaque par une sensation très sucrée (mais) progressivement, l’acidité prend le dessus et une sensation fraîche envahit le palais. Au final, les notes fumées dominent la longueur en bouche, impressionnante et très marquée par les notes de tourbe et de tabac déjà trouvées au nez« – qu’historique « la forme de la bouteille se rapproche du modèle dit « Maubeuge » […] en verre soufflé, tournée manuellement, non moulée et présente un caractère irrégulier avec de nombreuses bulles dans le verre« , Veuve Clicquot montre son sérieux et renforce sa crédibilité. Et saisit cette opportunité pour rappeler sa légitimité historique et patrimoniale via l’ancre marine : ce symbole « est une marque déposée depuis 1798 [et Veuve Clicquot est] à sa connaissance, la seule Maison de Champagne à utiliser une ancre dans son emblème ».

L’approche est efficace, d’autant qu’elle apporte des précisions qui en auront intéressé plus d’un : selon Dominique Demarville, « les conditions extrêmement favorables de conservation ont probablement stoppé son évolution. » Les bouteilles se trouvaient dans une eau peu salée, avec peu de courants, à une température constante de 5°C, dans une obscurité totale et sous la pression de la mer. « La bouteille a été repêchée bouchée, mais le bouchon n’était retenu que par la pression et ne présentait aucune trace d’agrafe, ni de muselet. L’hypothèse la plus probable est celle d’une ficelle qui s’est dégradée pour disparaître au fil du temps. »

Dans la foulée, ce sont aussi les acteurs de la filière liège qui ont saisi cette actu pour communiquer sur la qualité de leur produit via un communiqué tout à fait opportuniste mais extrêmement pertinent : « une découverte qui met en avant les atouts formidables de conservation du bouchon liège ». Une communication intelligente et bien trouvée dans un contexte ou le débat entre bouchon liège et bouchon à vis est toujours vif…

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Veuve Clicquot et les flacons de la Baltique : ou comment maîtriser son actualité

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Je profite de la mise en ligne toute fraîche du nouveau site internet de la Maison Veuve Clicquot pour revenir sur l’actualité « bouteilles VCP à la mer » dont vous avez certainement entendu parler depuis quelques jours. Ou comment, du point de vue de la marque, garder la tête froide pour gérer efficacement une actualité chaude.

Petit rappel de faits : le 17 juillet dernier, la dépêche tombe : « Le plus vieux champagne du monde vient d’être retrouvé dans la Baltique » -voir ici. De très anciennes bouteilles de champagne viennent d’être repêchées dans une épave au large de la Finlande par une équipe de plongeurs, elles sont parfaitement conservées et ont un goût « fabuleux » selon les personnes qui en ont dégusté.

Précision ultime : le champagne serait du Veuve Clicquot, datant probablement des années 1780. Et hop, voilà qu’on vient de retrouver le plus vieux champagne du monde -détrônant au passage Perrier-Jouët, qui possède encore dans ses caves des flacons du
plus ancien millésime attesté existant encore en Champagne, datant de 1825. Et hop, voilà que la valeur estimée des flacons de la Baltique grimpe au fur et à mesure de chaque nouvel article publié.

Dans ces cas d’actualité chaude, et lorsque tous les médias se précipitent pour relayer une information « croustillante », impliquant parfois la mise en place d’une stratégie de communication « de crise », je suis toujours curieuse d’observer l’évolution de cette même information au fur et à mesure des jours qui passent. Et de remarquer de quelle manière le principal concerné -la marque- réagit.

Dans ce cas précis, je tire mon chapeau à Veuve Clicquot qui, plutôt que de bondir sur l’opportunité d’un coup médiatique, a immédiatement choisi de se mettre en retrait : un coup de fil à la Maison me confirme qu’avant de confirmer quoi que ce soit, les œnologues de la Maison attendent de recevoir et de goûter les échantillons.

Une réaction d’autant plus pertinente que, comme toujours dans ces cas là, les uns se précipitent pour valider des informations sans les vérifier, les autres mettent en cause la véracité des informations. Légitimement, un coup d’œil un tant soit peu critique sur l’information telle qu’elle a été relayée dans les médias permet quand même de mettre en doute, si ce n’est la marque concernée, en tous cas la datation des bouteilles versus la forme des flacons utilisés au 18e siècle.

Reste que cette histoire fait une jolie publicité à la maison Veuve Clicquot, renforçant un imaginaire de marque déjà riche en la matière – les archives attestent effectivement que dès la fin du 18e siècle, la production étaient exportée et expédiée par bateau, en particulier vers la Russie. C’est toujours la première information dont on se souvient, fût-elle exacte ou partiellement erronée. Et celle-ci aura eu le mérite de faire rêver sur la marque. De mon côté, ça m’a donné des envies d’évasion et de voyage vers la Baltique. Pour vérifier l’info ? Dans tous les cas, je reste curieuse de connaître le fin mot de l’histoire !

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Invitation au rêve : le parfait exemple du voyage d’Hermès

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J’ai déjà cité Hermès comme source d’inspiration dans le domaine du luxe -lire ici. Si vous avez l’âme écrivaine et voyageuse, je vous invite à découvrir le jeu concours proposé par la maison sur son site voyagedhermes.com.

Une utilisation du concept de jeu concours bien pensée, bien organisée et surtout extrêmement valorisante pour le participant : celui-ci est invité à partager son rêve de voyage sur le site, le gagnant -désigné par les internautes parmi 10 rêves sélectionnés par Hermès- étant invité par la maison à vivre le rêve qu’il a formulé.

C’est cette double dimension à la fois valorisante et participative qui me semble particulièrement pertinente : le jeu touche le participant au cœur en l’invitant à faire appel à sa créativité et à son imagination pour créer une œuvre unique, lui donnant toute latitude pour raconter son rêve le plus cher et le laissant espérer voir ce rêve se réaliser. La dimension participative permet à Hermès de créer une relation forte avec ses aficionados : non seulement le choix du rêve gagnant se fait via le vote des internautes, mais la marque s’appuie aussi sur Twitter pour relayer les rêves publiés au fur et à mesure, le tout de manière intelligente et sans excès. A l’image de la Maison… A vos plumes !

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Veuve Clicquot présente sa Cave Privée : 200 ans d’une belle histoire autour du ruban jaune

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J’ai souvent abordé ici la question de l’importance de la dimension patrimoniale dans la valorisation des marques -lire mes notes à ce sujet dans la catégorie Patrimonial du blog.

La Maison Veuve Clicquot a compris depuis longtemps cette nécessité. Si elle n’est pas la seule à faire travailler des spécialistes sur ses archives, elle est en tous cas l’une des premières à avoir dédié aux ressources historiques une expertise en tant que telle et à avoir construit un lieu spécifique sur son siège à Reims pour conserver et consulter dans les meilleures conditions plus de deux siècles de documents.

1810-2010 : il y a deux cents ans, Madame Clicquot décide de ne retenir dans son assemblage que les raisins issus d’une seule et même récolte. Du jamais vu en Champagne ! C’est la naissance du premier Vintage, vin rare, proposé en quantités limitées, à partir de raisins rigoureusement sélectionnés. Ce 1810, dont la naissance est consignée dans un livre d’archives, peut
être considéré comme le doyen des millésimes de champagne.

Le bicentenaire de la naissance du champagne millésimé chez Veuve Clicquot est l’occasion pour la Maison de créer l’événement : autour de son ruban jaune d’une part, à propos de la qualité de ses millésimes d’autres part.

Le ruban jaune : en 1810, les expéditions de bouteilles se font sans habillage – les premières étiquettes ne sont apposées sur les bouteilles de champagne Veuve Clicquot qu’à partir de 1835. la Maison imagine alors un moyen de distinguer les différentes qualités parfois conditionnées dans une même caisse en bois : un ruban de couleur jaune est noué autour du col des bouteilles de Vintage. C’est au détour d’une correspondance commerciale que cette existence du « ruban jaune » a été révélée. Une découverte anecdotique, tracée à la plume dans un livre d’archives. Cette astuce vient d’être remise au goût du jour par la Maison avec le nouvel habillage des millésimes : les trois cuvées portent maintenant la marque du  » ruban jaune « , s’insérant dans l’étiquette et donnant l’impression de la traverser.

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Autre événement : Veuve Clicquot saisit l’occasion de ce bicentenaire pour présenter sa Cave Privée, témoignage de son savoir-faire en matière de millésimes : une collection de trois rosés (1975, 1978 et 1989) et deux blancs (1980 et 1990), tous issus de grands et de premiers crus, présentés en jéroboam, Magnum ou bouteille.

Avant Veuve Clicquot, d’autres Maisons ont présenté leurs collections de millésimes anciens, la plus emblématique étant sans aucun doute Dom Pérignon Oenothèque. Avec la présentation de sa Cave Privée, Veuve Clicquot fait à son tour et une nouvelle
fois la preuve de l’importance de la valorisation patrimoniale pour légitimer et donner du sens aux projets. Et encore une fois, comme dans le projet Hennessy H²O, c’est la cohérence du lien entre le projet -Cave Privée-, le produit -les millésimes- et la réalité historique qui lui donnent toute sa force. A déguster !

Cave Privée, 150 euros pour un vintage 1990 en bouteille,
350 euros le magnum, 700 euros le rosé 1975 en magnum.

Photo Veuve Clicquot, DR.

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Superbe retour aux sources et valorisation patrimoniale avec le coffret Extraits, Vol. 1 de la maison Ruinart

Prônant au quotidien la nécessité pour les marques de valoriser leur histoire et leur patrimoine et de s’appuyer sur leur héritage pour légitimer leurs actions marketing et donner du sens à leur communication, je ne peux qu’être enthousiaste lorsque j’observe que de nouveaux produits s’appuient effectivement sur cette démarche pour créer du sens. A condition de s’adosser à son héritage en y injectant créativité, qualité et sens du détail et de revisiter ses fondamentaux dans une interprétation contemporaine de la marque, bien sûr.

SOWINE_coffret India_MahdaviDernier exemple en date : celui du coffret Extraits Vol. 1 -premier volume d’une collection à venir- imaginé et créé par la designer India Mahdavi pour la Maison de champagne Ruinart. Sous l’apparence d’un beau livre -qui n’est pas sans me rappeler les magnifiques livres de caves, archives historiques précieusement conservées par la Maison Ruinart-, le coffret, proposé en édition limité, renferme un flacon de Ruinart rosé et deux flûtes créées pour l’occasion.

SOWINE_Coffret_ouvert Une fois le livre ouvert, le flacon et les flûtes se dévoilent sous une myriade de rubans de papier crème, roses et dorés qui font office de préface : sur les rubans, des vers extraits de célèbres poèmes… des rubans qui rappellent les languettes de papier utilisées historiquement en Champagne en alternative à la paille pour protéger les flacons des chocs du transport.

 

SOWINE_Flûte ELLE et LUIEnfin, autre élément de valorisation du patrimoine : sur les flûtes, c’est le blason de la maison Ruinart qui se décline au féminin, à la manière d’un motif en plumetis.

Je trouve le coffret particulièrement réussi en ce qu’il valorise parfaitement à la fois le flacon, le vin et le mode de dégustation en les mettant en scène dans un objet à la fois beau et porteur de sens : en ces temps où le virtuel devient roi, même les plus fervents défenseurs des supports électroniques ne pourront qu’être émus par le beau livre proposé ici.

Ce qui est vrai ici pour le coffret Extraits, Vol. 1 de Ruinart, et de manière plus générale dans l’univers du luxe -besoin de rassurer, retour aux « vraies » valeurs en temps de crise- est à mon avis également valable dans l’univers des vins, champagnes et spiritueux même hors positionnement premium : là où les notions d’origine, d’histoire, de qualité, d’authenticité mais aussi de plaisir et de partage prennent toute leur importance.

En la matière, je vous invite également à relire mes notes sur Chivas, Ricard et la symbolique patrimoniale, Hennessy et l’eau, Mumm et ses Menus de Légende, Perrier-Jouët et le sens artistique ou encore Veuve Clicquot et sa célèbre couleur jaune.

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Hennessy H²O ou comment sublimer son patrimoine de marque pour créer du sens

Avec Hennessy H²0, la maison cognaçaise relève le défi d’inscrire des éléments de son patrimoine de marque dans la modernité en s’appuyant avec brio sur le design et la valorisation événementielle.

SOWINE_HennessyH202 Le concept Hennessy H²O est simple : proposer un nouveau mode de consommation de Fine de Cognac en l’associant à l’eau, se souvenant ainsi de la longue tradition charentaise héritée du XIXe siècle qui allongeait d’un trait d’eau toute dégustation de cognac.

A mon sens, le concept est une réussite, et ce pour plusieurs raisons :

  • Par ce biais, Hennessy se réapproprie un mode de consommation authentique et légitime du cognac, s’appuyant en cela sur son patrimoine de marque -donc non seulement la maison propose un nouvel instant de consommation et suscite en cela l’intérêt, mais elle sublime par la même occasion sa légitimité historique en la matière.
  • En mettant en valeur l’eau comme élément naturel et rare, Hennessy s’inscrit dans l’air du temps -prises de conscience et actions vs respect de l’environnement- et, par ricochet, confère à Fine de Cognac une dimension précieuse.
  • Tout le discours sur l’eau comme révélateur des arômes de Fine de Cognac sert bien entendu la perception qualitative du produit, dont les caractéristiques organoleptiques sont sublimées par ce mode de consommation.

Pour compléter cette valorisation du produit et de son mode de consommation, Hennessy a par ailleurs événementialisé son approche par deux biais :

  • SOWINE_HennessyH20 La création par le collectif de designers les 5.5 de deux objets dédiés à la transformation de l’eau : un glaçon éternel et une carafe filtrante -les deux objets sont sublimes, même si j’ai un faible particulier pour le glaçon éternel : une bulle d’eau encapsulée dans une goutte de verre translucide qui libère progressivement sa fraîcheur…
  • Une exposition, « H²O, Hennessy et l’eau », visible jusqu’en juin 2010 aux Quais Hennessy à Cognac : ou comment valoriser un thème fort et connexe à celui du produit « alcool » en le mettant en scène à travers une scénographie contemporaine et inventive.

En résumé, Hennessy H²O réunit un nombre suffisant d’ingrédients pour créer l’adhésion : un produit de qualité sublimé par un élément précieux, la valorisation du patrimoine de la marque, un nouveau mode de consommation, l’esthétisme du design objet, le respect de l’environnement et une invitation culturelle pour compléter le tout… dont j’aurais l’occasion de reparler sur ce blog : je vais rapidement organiser une visite à Cognac pour voir l’exposition !

Objets disponibles à la vente dès avril 2010 sur le site internet des 5.5 designers et dans la boutique Hennessy à Cognac

Crédits photos : 5.5 designers

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Toujours plus haut, toujours plus loin : quand la dégustation devient expérience de l’insolite ou de l’extrême

Je lisais récemment le compte-rendu de l’expérience menée par nos amis de O Château et intitulée « record de la plus haute dégustation de vin du monde » : une dégustation comparative de vins espagnols offerte aux passagers d’un vol Vueling Paris-Barcelone, avec pour objectif de « faire découvrir le vin de manière innovante et ludique et continuer de réveiller avec le sourire cette belle endormie qu’est le monde du vin en France », selon Olivier Magny, fondateur d’O Château et organisateur de l’événement.

Toujours plus haut, toujours plus loin : les initiatives pour faire sortir les plaisirs gastronomiques et autres dégustations de vin et de leur environnement habituel se multiplient, pour le plus grand bonheur des amateurs. En témoignent les « Dinners in the Sky » : après avoir séduit Budapest, Dubaï, Londres et Las Vegas, ce concept de restaurant éphémère s’est installé en septembre dernier à Paris à l’initiative du magazine Cuisine Créative, proposant à ses convives pendant quelques jours seulement de profiter d’un dîner orchestré par de grands chefs étoilés français, suspendu à 50 mètres au dessus du Jardin des Tuileries.

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Dans la même veine, la Maison de champagne Krug avait créé l’événement en proposant à des invités triés sur le volet de partager un repas d’exception en survolant les plus beaux paysages de la planète dans une montgolfière- lire ma note à ce sujet ici.

Autre concept, autre idée de l’extrême : Mumm Explorer Experience. En association avec l’explorateur Mike Horn, la maison de Champagne G.H. Mumm organise depuis 2008 des diners gastronomiques dans les plus beaux sites naturels de la planète. A chaque étape, un grand chef vient ajouter « sa touche personnelle » en réalisant un repas hors du commun. Groenland, Antarctique et Grande Barrière de Corail australienne ont été les trois premières étapes de cette expérience hors du commun, avant le désert de Gobi prévu en 2010.

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Je trouve le concept Mumm Explorer Experience pertinent et sa mise en œuvre plutôt réussie : la maison rémoise va puiser dans ses racines l’hommage aux explorateurs, elle reste fidèle à sa tradition de champagne de la gastronomie, mais transcende cette légitimité en préemptant l’univers du lieu insolite et rare comme instant de dégustation. Par la même occasion, elle cherche à célébrer la beauté et la fragilité de la planète, ce qui est on ne peut plus dans l’air du temps et valorisant en terme d’image.

Je distinguerais volontiers parmi ces dégustations de l’insolite ou de l’extrême celles qui servent avant tout le consommateur, en lui proposant de nouvelles expériences qui sont autant d’occasions de découverte, de celles qui servent avant tout l’image des marques en racontant une histoire certes basée sur l’émotion mais somme toute trop inaccessible pour que l’on s’identifie réellement à elle.

La part de rêve est cependant dans tous les cas bien réelle. Et vous, quel serait votre choix de dégustation insolite ou extrême ? Et quel produit choisiriez-vous de déguster dans de telles conditions ?

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